Crohn a un impact important sur ma vie professionnelle

Xavier enseigne dans le supérieur. Quand j’explique à mon directeur que j’ai la maladie de Crohn, il réagit très bien et répond favorablement aux demandes que je formule pour me faciliter la vie.

Un win-win deal

Le bâtiment de la haute école où j’enseigne l’ingénierie électrique comprend cinq étages et il n’y a des toilettes qu’au rez-de-chaussée. Le directeur dont je dépends accepte de me réserver le local adjacent. Je propose par ailleurs d’aménager mon horaire et de ne plus donner cours le mercredi. Cela me permet de regrouper tous mes rendez-vous médicaux ce jour-là, et de ne plus devoir prendre de jour de maladie ni rentrer de certificat. Ce qui est tout bénéfice pour moi, pour l’institution et pour mes étudiants. 

 

« Tu as de la chance d’être malade »

Certains de mes collègues me soutiennent – comme Daniel De Bast, qui a la même maladie que moi et qui est également le président de l’Association Crohn-RCUH. D’autres cependant me jalousent et vont même jusqu’à me dire : « Tu as de la chance d’être malade (!) : tu as toujours le même local, tu ne dois pas bouger tes affaires, et tu as congé le mercredi. » J’avoue que c’est un peu difficile à entendre. D’autant que cette fameuse pièce est semi-enterrée et que personne ne se bousculait jusqu’ici pour l’utiliser, et que les mercredis, je ne suis pas en vacances, je travaille chez moi…

 

Vive la carte ‘urgence toilettes’ !

Je parle néanmoins librement de ma maladie avec mon entourage professionnel. Un jour, je surveille un examen avec une collègue et celle-ci décide de s’absenter pendant quelques instants. Sauf qu’elle disparaît pendant plus d’une heure. Et ce qui doit arriver… arrive : je dois absolument me rendre aux toilettes, et je laisse les étudiants seuls pendant dix minutes. Ils en profitent pour tricher, et s’en vantent. L’affaire remonte jusqu’à la haute direction, à laquelle j’explique mon cas et montre ma carte ‘urgence toilettes’*. Celle-ci permet à toutes et tous de comprendre réellement ma situation. Je reçois même le droit de l’utiliser dans l’enceinte du grand parking privé du campus pour me garer sur une place handicapé, proche de l’entrée et donc des toilettes. 

 

Beaucoup plus humain

Si j’ai mis plus de temps à leur en parler, je le fais maintenant systématiquement lorsque je me présente à mes étudiants de première année. J’explique que j’ai la maladie de Crohn et – sans rentrer dans les détails – les difficultés que cela suppose, notamment ma moindre résistance au bruit, qui engendre du stress chez moi. Je leur dis aussi que s’ils connaissent quelqu’un qui a une maladie semblable, ou s’ils ont des problèmes de santé, ils peuvent venir m’en parler. Je sais ce que c’est que d’être malade. Avant, j’étais un ingénieur ‘pur et dur’. Cette maladie m’a rendu beaucoup plus humain, et la direction apprécie d’avoir sous la main un enseignant très à l’écoute. 

En savoir plus sur les sujet abordés :

* La carte ‘urgence toilettes’ est délivrée par l’Association Crohn-RCUH sur présentation d’une attestation du médecin. 

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