Inventer la vie qui va avec le Crohn

Dès que le diagnostic tombe, je ne cache pas ma maladie, j’en parle tout de suite à mes proches. Si ma femme et mes parents réagissent en manifestant surtout de l’inquiétude, la réaction des autres membres de la famille et de certains de mes amis est plus nuancée.

Celui qui ne boit pas

Dans ma famille, nous sommes tous de bons vivants, nous aimons les soirées plutôt bien arrosées. Au début de la maladie, je ne suis pas sûr de ce que je peux ou non boire ou manger, je préfère donc éviter l’alcool. Aux yeux des autres, je deviens ‘celui qui ne boit pas’. 

Ça se passe relativement bien avec ma famille, mais mes amis de guindaille ne l’acceptent pas. Ils finissent par ne plus m’inviter et, de ce fait, à rompre tout contact. Je perds ainsi quelques amis… mais était-ce vraiment des amis, en fin de compte ? 

Pendant les deux premières années, c’est difficile, parce que je n’arrive plus à m’amuser sans boire. Mais je finis par y parvenir et ma vie sociale reprend. Ce qui fait de moi un excellent exemple pour mon fils. Il a 5 mois quand je fais opérer du dos – peu avant que je contracte la maladie de Crohn. Il m’a donc toujours connu comme quelqu’un qui peut faire la fête sans boire d’alcool. Il a aujourd’hui 27 ans et s’il aime sortir et boire un coup de temps en temps, il n’est jamais ivre. 

Se faire plaisir pour pouvoir mener le combat

Pour en revenir à l’alimentation, aucun gastroentérologue ne prescrit jamais de régime. Le premier médecin que j’ai consulté m’avait conseillé de me méfier des irritants intestinaux, comme les crudités, l’alcool, le café, les boissons pétillantes… Je pense qu’en réalité, c’est à chacun de trouver ce qui impacte positivement ou négativement sa maladie. D’inventer la vie qui va avec. Chaque personne est différente. Il n’y a pas de logique. Chez moi par exemple, l’ail et la choucroute ne passent pas, alors que d’autres les supportent sans problème. J’ai donc décidé de manger convenablement mais en m’autorisant des petits écarts. Il m’arrive même maintenant de boire un verre de champagne. Mon Crohn m’aide à ne pas faire d’excès. 

Si je devais donner un conseil, je dirais : écoutez votre corps. S’ils n’entraînent pas de douleurs intestinales, n’arrêtez pas les fruits et les légumes, ils sont très importants dans une alimentation équilibrée. Si un verre d’eau pétillante vous aide à digérer, buvez-le. Si une tasse de café vous met de bonne humeur, allez-y. C’est pareil avec l’alcool. Ne vous privez pas de tout, trouvez le bon équilibre. 

Et surtout, faites-vous plaisir. Le combat que nous menons contre la maladie durera toute notre vie, et nous ne le gagnerons pas puisqu’elle n’est pas guérissable. Il n’y a que dans sa tête qu’on peut gagner le combat. Il faut un moral d’enfer pour tenir le coup et pour que la maladie ne dirige pas notre vie. 

Existe-t-il un régime pour les patients atteints de la maladie de Crohn ? Découvrez-le ici. Alimentation et MICI… le sujet est compliqué. Lisez ceci pour en savoir plus sur cette relation. Comment les autres gèrent-ils cette situation ? Vous pouvez le lire ici. 

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