Je dois penser à moi

Ma mère s’est toujours montrée très inquiète. Parfois de manière excessive. J’en faisais trop, je dépassais toujours un peu les limites. Elle me répétait inlassablement : « Arrête de te mettre autant de pression. »

Mes parents ont tout fait pour m’apprendre à profiter de la vie et à ne pas songer sans cesse à performer. Il n’en a pas toujours été ainsi. Mais mon père a subi deux graves accidents qui ont considérablement modifié leur existence. Cela leur a fait prendre conscience que la vie ne se limite pas à travailler et à gagner de l’argent. J’ai longtemps mis ma vie sociale entre parenthèses pour me concentrer sur mes études. Ce n’était pas en soi une mauvaise décision, mais j’aurais peut-être une autre approche aujourd’hui. Vous devez pouvoir payer vos factures, mais aussi profiter de la vie avec ceux que vous appréciez.

Première crise

En 2014, j’ai eu ma première véritable crise. J’ai été au plus mal pendant trois mois. Je ne pouvais plus travailler, j’étais constamment fatiguée. J’avais 23 ans, je voulais bosser et montrer de quoi j’étais capable. Mais mon corps disait non, une dure réalité qu’il a fallu apprendre à accepter. Cela a été un moment très pénible. Cette crise était due à une combinaison de facteurs. Papa qui était dépendant, maman qui était alors hospitalisée, … Et naturellement aussi le travail exigeant qui était le mien à l’époque. Je travaillais parfois jusqu’à 10h par jour, je m’occupais de mon père et des affaires de ma mère, toujours hospitalisée. Durant cette période, mon frère a été un véritable soutien, mais, malgré ça, j’avais toujours beaucoup de choses à gérer bien sûr. Rien d’étonnant donc à ce que mon corps ait eu du mal à le supporter. J’étais totalement épuisée physiquement et mentalement.

Surveiller mes limites

J’ai alors décidé de changer de travail, et surtout de surveiller mes limites sur d’autres plans. Je ne suis pas responsable de tout le monde. Je dois parfois aussi oser penser à moi. Pour cette raison, je suis très souvent chez mon ami. Il n’a pas été facile de dire à mes parents que je ne pouvais pas les soutenir à temps plein. Cela a été très dur, et je ressens encore une énorme culpabilité à ce propos. Ils me comprennent totalement, mais je le ressens malgré tout. Maman s’occupe de moi depuis 25 ans déjà et je ne peux pas lui rendre la pareille ? C’est difficile. Mais c’est nécessaire. Ici, chez mon ami, je trouve le repos et la tranquillité. Je me sens chez moi. J’en ai vraiment besoin. Mon ami m’a également aidée à penser à moi. « Il faut parfois oser dresser une barrière, même si ce n’est que pour quelque temps. » C’est ce que j’essaie de faire à présent.

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Daisy a la maladie de Crohn