Le temps perdu ? Quel temps perdu ?

La maladie de Crohn m’a obligée à m’arrêter. Avant cela, comme la plupart d’entre nous, j’ai traversé la vie au pas de course. Galopant en tous sens, animée par l’ambition et le désir de toujours en faire plus. Quand j’ai été très malade, j’ai dû arrêter de travailler. J’ai trouvé cela très frustrant et même dérangeant.

S’allonger et avoir mal

J’avais l’impression de devoir observer de loin la vie trépidante que tous les autres menaient. Malade dans le canapé, ma vie m’échappait. J’ai essayé toutes sortes de remèdes et de médicaments, en vivant d’espoir. Malgré toutes ces tentatives, j’ai perdu énormément de temps à rester couchée et à avoir mal. 

De l’obscurité à la lumière

Cela a duré un certain temps, mais je réalise aujourd’hui que ma période d’inactivité n’a pas été une perte de temps. Au contraire, me retrouver confrontée à moi-même m’a appris énormément de choses. La période sombre de la maladie m’a permis de m’épanouir énormément. L’immobilité est le meilleur moyen d’apprendre à se connaître et à savoir ce dont on a besoin. Celles et ceux qui refusent obstinément de le faire y sont en quelque sorte contraints. Voilà ce que la maladie de Crohn m’a apporté. 

La souffrance peut être miraculeuse

C’est l’une de mes citations préférées, elle fait référence à l’idée que je me fais de ma maladie de longue durée. J’ai compris que seule une affection comme la maladie de Crohn pouvait me motiver à transformer mon mode de vie, mes convictions et mes habitudes. Poussée dans le dos par une forme de désespoir, j’étais prête à changer de vie du tout au tout. Je décris ce processus de transformation dans mon livre ‘Auto-Immuun, van ziekte naar inzicht’ (Auto-immune, de la maladie à la sagesse). 

L’amour de soi est la clé

Aujourd’hui, je ne suis peut-être plus accablée par la maladie – les jours de douleurs abdominales infernales, de nausées et de diarrhées constantes sont derrière moi – mais j’ai toujours peur de rechuter. Cette angoisse me motive à prendre soin de moi en écoutant mon corps et mes émotions de manière intensive. L’amour de soi est la clé, c’est clairement de cela dont il s’agit. Dans le passé, je dépassais mes limites parce que je pensais que ce n’était ‘jamais assez bien’. Maintenant, je place mon bien-être au premier plan. Je ne veux plus me laisser harceler par des pseudo-obligations, parce que rien ni personne ne vaut la peine de tomber malade. Pas même mes propres ambitions. 

 

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Karolien est atteinte de la maladie de Crohn