Le week-end, je me repose, c’est indispensable

Je travaille à plein temps comme graphiste et photographe de produits. Avant le confinement, je n’avais jamais travaillé à la maison, ce qui me convient parfaitement même si ce n’est pas toujours évident avec ma stomie. Je vais toujours au bureau, sauf quand je suis en prise de vue sur le terrain. Depuis que j’ai été testée positive au corona, je travaille à la maison. J’ai hâte de retrouver le plus vite possible un rythme normal.

Travail à plein temps

Parfois, au bureau, j’ai des soucis techniques avec ma stomie. Si elle commence à fuir, par exemple, je dois rentrer chez moi rapidement. Je préfère aussi vider le sac à la maison plutôt qu’au boulot. De temps en temps, ma stomie fait également des bruits gênants. Heureusement, mes collègues gèrent plutôt bien cette situation. Quand j’ai des réunions, je suis extrêmement prudente : je mange le moins possible afin d’éviter tout problème.

 

Travailler à plein temps, c’est fatigant. Surtout quand il faut encore se mettre à cuisiner le soir, faire le ménage, jouer taxi pour conduire les garçons ici et là… Mais c’est la vie et c’est épuisant pour tout le monde. Quand vient le week-end, je me repose et c’est vraiment indispensable.

 

Testée positive

Fin mars, j’ai été hospitalisée pour une hernie parastomale. Sur place, ils m’ont fait passer un test de dépistage du coronavirus et, à ma grande surprise, celui-ci s’est révélé positif. Pour me remettre de mon opération et parce que j’avais été testée positive, je n’ai pas eu d’autre choix que de travailler à domicile. Ce n’est pas facile, car j’ai besoin de pas mal de moyens techniques pour faire mon job. Jusque-là, seuls les collègues ayant un emploi administratif travaillaient chez eux. Mais très vite, tout le monde ou presque les a imités.

 

Mes collègues me manquent

Je préfère de loin aller au bureau. J’y ai tout ce dont j’ai besoin pour bien faire mon boulot. Travailler à domicile demande beaucoup plus d’énergie. J’ai de nombreux délais à respecter et la dynamique du travail en commun me manque.

 

Le contact avec mes collègues me manque aussi énormément. Actuellement, nous nous entendons principalement via Messenger, ce qui n’est pas du tout la même chose. Deux fois par semaine, un membre de la direction nous appelle pour nous demander comment nous allons et nous mettre au courant de l’évolution des jobs. Grâce à ce ‘contact’, j’ai encore l’impression d’appartenir à un groupe. J’aime mon boulot, et j’espère vraiment pouvoir le reprendre comme avant dès que possible. Je vais probablement bientôt aller travailler au bureau un jour par semaine. À condition qu’il y ait suffisamment de choses à faire.

 

En réalité, pour être honnête, je ne vois pas beaucoup d’avantages à travailler à domicile. Bien que je dispose maintenant de plus de temps pour m’occuper de mes garçons et me consacrer à notre ménage. Sans parler que du fait que je peux garder mon pantalon de training et mes pantoufles toute la journée !

 

Masques buccaux et gel hydroalcoolique

Je n’ai pas peur de retourner au boulot et j’espère que les autres n’ont pas peur de moi. Nous avons opté pour l’alternance et donc chacun travaille séparément dans l’espace disponible. Je n’ai aucun problème à me laver régulièrement les mains ou à utiliser du gel hydroalcoolique et à porter un masque sur la bouche et le nez. Bref, à faire tout ce que je peux pour éviter de nous infecter mutuellement. 

 

Résistance affaiblie ?

Je ne suis pas moi-même une patiente à risque, mais je m’inquiète pour mon fils. Il est également atteint de la maladie de Crohn et il vient de commencer un nouveau traitement. Nous ne savons pas encore quel effet celui-ci aura sur sa résistance. Serait-il plus malade s’il était infecté ? Nous ne le savons pas et je trouve cette incertitude angoissante.

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Anne est atteinte de la maladie de Crohn