Notre mission était de prendre soin d’elle

Les premiers temps de la maladie de Kathleen furent très difficiles pour notre famille. Nous étions bien sûr inquiets, mais il y avait aussi de nombreux problèmes pratiques. Elle n’avait alors que 15 ans, il était donc logique que nous prenions toutes les dispositions nécessaires pour l’importuner le moins possible. Mais ce n’était pas facile.

Après son admission en urgence, une longue revalidation a suivi. Nous faisions chaque jour l’aller-retour jusqu’à Leuven pour être près d’elle pendant sa convalescence à l’hôpital. À l’époque, il n’y avait pas encore de GSM, mon mari devait donc prévenir les gens là où il travaillait sur la route ou depuis la maison.

Heureusement, à son travail, ils comprenaient très bien la situation. Et puis il y avait bien sûr aussi notre autre fille, Viki. Elle avait alors 18 ans. Suffisamment grande pour rester seule à la maison quand nous devions à nouveau nous rendre à l’hôpital, mais avec le recul, je pense que nous l’avons un peu négligée. Ce n’était évidemment pas notre intention, mais dans ce genre de moment, il fallait tenir bon et nous concentrer sur Kathleen.

Je sais que Kathleen se sent coupable de cette situation, mais durant cette période, cela allait de soi pour nous. On prend soin de son enfant malade, point à la ligne. C’est votre mission en tant que parents. Oui, nous pourrions nous prendre la tête en nous demandant si les choses auraient pu être différentes, mais ce n’est pas le cas. Nous devons apprendre à vivre avec.

Une visite tous les jours

Au total, Kathleen a passé plus de six mois à l’hôpital. J’étais femme au foyer, j’allais donc la voir tous les jours. Je ne pouvais pas laisser ma fille toute seule. Ces visites ont été très importantes pour moi parce que, passé les premières semaines, peu de gens venaient la voir. Même si notre famille a fait beaucoup d’efforts pour nous soutenir. Ils passaient, nous aidaient pour le ménage,… Même quand elle s’est rétablie et qu’elle a passé beaucoup de temps en revalidation. Elle devait s’occuper tous les jours de sa stomie, ce qui n’était pas évident au début.

Nous ne recevions que peu d’informations ou d’accompagnement de la part de l’hôpital. Nous avons dû tout trouver nous-mêmes. Cela se passe heureusement bien mieux aujourd’hui, y compris en ce qui concerne l’accompagnement psychologique. Car Kathleen a eu énormément de mal à assumer sa nouvelle identité.

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