La pleine conscience : une voie vers le mieux-être

Depuis qu’on lui a diagnostiqué la maladie de Crohn, Karolien a vécu un véritable calvaire. Pourtant, aujourd’hui, elle reconnaît être reconnaissante – dans une certaine mesure – pour les enseignements qu’elle a tirés de sa maladie. Elle a ainsi trouvé le chemin de la pleine conscience, qui lui a permis d’écouter son corps mieux que jamais. Comment la pleine conscience peut-elle vous aider ?

Karolien a découvert la pleine conscience il y a quelque temps. Depuis, elle se sent beaucoup mieux. Aujourd’hui, elle l’applique quotidiennement. Karolien : « À présent, je suis bien plus à l’écoute de mon corps, ce qui me permet de mieux définir mes limites. La pleine conscience est un moyen de se concentrer davantage sur le moment présent, et donc d’oublier toute considération relative au futur. Cela permet de ne plus broyer du noir et de s’accepter soi-même, son environnement et même sa maladie.

« La pleine conscience est l’état de conscience qui résulte du fait de porter son attention de façon intentionnelle sur l’expérience qui se déploie moment après moment, de manière non jugeante. » Telle est la définition de la ‘mindfulness’ que donne Jon Kabat-Zinn, créateur du programme MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction), un cycle qui permet d’apprendre à réduire son stress par la pratique de la pleine conscience.

Vivre pleinement l’instant présent

Dans cette définition, chaque mot a son importance. L’idée première est d’être pleinement présent à ce que nous vivons. Autrement dit, d’observer avec attention ce qui se passe dans notre corps, dans notre cœur, dans notre mental, à chaque instant : les sensations corporelles, les informations récoltées par nos cinq sens, l’émotion du moment, ainsi que les commentaires que notre esprit ne manquera pas de faire sur ces informations. Il ne s’agit donc pas de ‘ne penser à rien’, mais de ramener notre mental à l’objet sur lequel nous avons décidé de nous focaliser (l’instant présent), avec fermeté ET bienveillance.

 Observer notre douleur avec bienveillance

Ce dernier terme, la bienveillance, est primordial. C’est cela que veut dire Jon Kabat-Zinn dans sa définition de la pleine conscience quand il parle d’observer ‘de manière non jugeante’. Quand nous sommes malades, nous ne pouvons pas échapper à la douleur physique ou émotionnelle, celle-ci est inévitable. La pratique de la pleine conscience ne supprimera ni la maladie, ni ces douleurs. En revanche, elle peut nous permettre d’apprendre à nous dégager de la souffrance supplémentaire qu’engendrent les commentaires négatifs de notre mental à propos de ces douleurs, en invitant notre esprit à adopter une attitude bienveillante à leur égard.

Une énergie renouvelable

Ingrid Perlot, gastroentérologue au CHU Ambroise Paré de Mons, plus spécifiquement en charge des patients MICI, spécialiste en nutrition et instructrice MBSR (réduction du stress par la pleine conscience), précise le potentiel de la pratique de la pleine conscience, notamment pour les patients MICI : « Elle permet de développer des compétences qui sont en réalité déjà présentes en nous, de les révéler et de les cultiver. Quand nous rencontrons une difficulté, la douleur, la maladie, nous pouvons appeler ces compétences pour observer et accueillir, avec compassion et tendresse, ce que nous sommes en train de vivre. En outre, ce mouvement de l’esprit est disponible immédiatement, à tout instant : la pratique de la pleine conscience se renouvelle chaque fois que nous sommes conscients de nos sensations dans le corps, connectés à l’environnement, aux autres et à nous-mêmes. C’est, pourrait-on dire, une ‘énergie renouvelable’… »

 Un climat différent, ressenti par le patient

La pleine conscience est une capacité qui s’inscrit dans notre parcours de vie, jusqu’à notre dernier souffle. Elle demande du courage, de la détermination, de l’engagement. Elle exige de sans cesse renouveler nos intentions de mener une vie plus consciente. Mais si nous sommes prêts à y consentir, « la pleine conscience alimente notre énergie vitale », indique Ingrid Perlot.

Elle en ressent aussi les effets dans sa vie professionnelle : « Par le passé, l’épuisement empathique me guettait. Grâce à la pratique de la pleine conscience, je peux rester attentive à la qualité de l’écoute et de la parole pendant mes consultations. Le fait de cultiver la gratitude, de travailler ce pivotement qui me permet de rester en lien avec la compassion et la bienveillance, crée un climat différent. Un climat d’ouverture et d’écoute, que les patients ressentent. »

Et ce malgré le timing qu’on lui impose et qui, précédemment, l’a fait énormément souffrir. « La pleine conscience a en quelque sorte modifié l’espace et la temporalité pour offrir une liberté, celle de pouvoir choisir comment je suis et reste en relation avec tout ce qui peut survenir, et rendre le service demandé. » 

« Nous ne sommes pas cette douleur »

Ingrid Perlot compte-t-elle à son tour initier d’autres personnes à la pleine conscience. « Je me suis formée à l’Institut de Pleine Conscience de Belgique afin d’enseigner la pratique de la pleine conscience par le programme MBSR. Je suis donc désormais instructrice MBSR qualifiée. En septembre 2021, j’ai lancé un premier cycle. Il est destiné aux soignants, quelle que soit leur formation. »

Elle compte ensuite l’ouvrir également à des patients : « Au fil de la pratique et du temps, on découvre à quel point on se ‘décentre de l’ego’, si je puis m’exprimer ainsi. Je veux dire par là que lorsque nous rencontrons un problème de santé, qu’un endroit de notre corps nous fait mal, si nous nous invitons à observer ce phénomène avec une présence attentive, dans un apprentissage de réconciliation avec le corps et le reste du monde vivant, nous nous rendons compte que ce n’est pas ce ‘JE’ qui a mal. Nous ne sommes pas cette douleur, nous ne sommes pas notre maladie. Ce consentement à la réalité et à l’interdépendance humaine peut ainsi conduire à une amélioration de notre bien-être et de notre état de santé. »

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Muriel est notre reporter de Takeda